Futur(s) | Juniors de demain
Et si, demain, les jeunes talents faisaient la preuve de leurs compétences humaines dès l’embauche ?
Futur(s) est une newsletter hebdomadaire qui raconte les émergences du présent en fictions du futur. J’y partage ma veille et mes réflexions sur l’évolution de nos modes de vie. Nous sommes désormais 9 086 à imaginer les futurs ici.
Cette rentrée, j’interviens dans plusieurs écoles supérieures pour ouvrir, avec les étudiants, la question du futur du travail. Je suis frappée par leur chance : entrer sur le marché sans devoir se « reprogrammer » face aux chocs en cours.
Reste l’essentiel : ne pas les laisser seuls, arrimés à des référentiels d’hier. Les écoles évolueront-elles assez vite pour les y préparer ? Dans un monde où écrire n’est plus une preuve du savoir, où l’expertise technique devient abondante et quasi gratuite, que doit-on vraiment apprendre pour débuter ?
C’est ce qui m’a occupée pour cette édition ; j’en ai tiré quelques pistes de réflexion sous la forme d’un CV prospectif.
Bonne lecture,
Noémie Aubron
Fiction | CV prospectif
Un futur possible, inspiré par le présent, ses tendances et ses signaux faibles.
Veille | Les coulisses
Les tendances et signaux faibles derrière la fiction
🔮 La mort du travail en entreprise : l’infrastructure entreprise comme plateforme pour développer une activité parallèle
What's emerging isn't the collapse of corporate work—it's something more interesting. People are building parallel systems of actual value while maintaining their corporate personas.
I know developers who do their "official" job in the morning and build their own products in the afternoon. Marketers who run their agencies from their corporate desks. Consultants who've automated their actual deliverables and spend most of their time on side projects.
They're not quitting. They're using the corporate infrastructure—the steady salary, the laptop, the stability—as a platform for building something real. The corporate role hasn't died; it's become a funding mechanism for actual work.
One person I spoke to called it "corporate entrepreneurship"—not in the LinkedIn way where you're an "intrapreneur" innovating within your company, but in the sense that you're using your corporate presence to subsidise your real work.
(Trad. Ce qui émerge n'est pas l'effondrement du travail en entreprise, mais quelque chose de plus intéressant. Les gens construisent des systèmes parallèles ayant une valeur réelle tout en conservant leur identité professionnelle.
Je connais des développeurs qui font leur travail « officiel » le matin et créent leurs propres produits l'après-midi. Des spécialistes du marketing qui dirigent leur agence depuis leur bureau. Des consultants qui ont automatisé leurs livrables et consacrent la plupart de leur temps à des projets parallèles.
Ils ne démissionnent pas. Ils utilisent l'infrastructure de l'entreprise (le salaire régulier, l'ordinateur portable, la stabilité) comme une plateforme pour créer quelque chose de réel. Le rôle de l'entreprise n'a pas disparu ; il est devenu un mécanisme de financement pour le travail réel.
Une personne à qui j'ai parlé a qualifié cela d'« entrepreneuriat d'entreprise », non pas au sens où l'entend LinkedIn, où vous êtes un « intrapreneur » innovant au sein de votre entreprise, mais dans le sens où vous utilisez votre présence dans l'entreprise pour subventionner votre véritable travail.)
👁️ L’enseignement à l’heure de l’IA : le défi de la proposition de valeur
Outside of the financial perks, college is a sandbox in which young people take baby steps to adulting. Part of the disconnect in the value of college comes from what young people actually get from four years spent eating processed foods and pledging sororities or fraternities. If you try to play a numbers game and break down the cost, plus interest, add the four years of your time, and then weigh that as an exact exchange for a specific job or salary, that misses some of the less tangible benefits. Colleges have to sell a bigger idea with their high ticket price. "You need to make the value proposition more attractive in the immediacy for students to be willing to make the investment, because it looks so scary initially," Mabel says. "These are people that haven't lived much of their life, and they're hungry to have a crack at having some money in their pocket and being able to live their life as they want to."
(Trad. Au-delà des avantages financiers, l'enseignement supérieur est un terrain d'expérimentation où les jeunes font leurs premiers pas vers l'âge adulte. Une partie du décalage entre la valeur de l'enseignement supérieur et la réalité vient de ce que les jeunes retirent réellement de ces quatre années passées à manger des plats préparés et à adhérer à des associations étudiantes. Si vous essayez de jouer avec les chiffres et de décomposer le coût, plus les intérêts, ajoutez les quatre années de votre temps, puis évaluez cela comme un échange exact pour un emploi ou un salaire spécifique, vous passez à côté de certains avantages moins tangibles. Les établissement d’enseignement supérieur doivent vendre une idée plus ambitieuse avec leur prix élevé. « Il faut rendre la proposition de valeur plus attrayante dans l'immédiat pour que les étudiants soient prêts à faire cet investissement, car cela semble très effrayant au premier abord », explique Mabel. « Ce sont des personnes qui n'ont pas encore beaucoup vécu, et elles ont soif de gagner de l'argent et de pouvoir vivre leur vie comme elles l'entendent. »)
👁️ Formation pour travailleurs avec +20 ans d’expérience
😲 Vivus skills par Marie Dollé
On parle beaucoup de hard skills, mesurables, monnayables. De soft skills, censées compléter les savoirs techniques par des qualités humaines. Et, plus récemment, de ce que j’appelle les out skills : cette capacité à déléguer à l’IA une part croissante de nos tâches.
Mais il manque une catégorie. Celles qu’on n’apprend pas dans une formation, qu’on ne certifie pas, qui ne rentrent dans aucun CV. Celles qu’on cultive dans l’épaisseur du réel. Je crois qu’on pourrait les appeler vivus skills, les compétences du vivant. Des aptitudes impossibles à automatiser, parce qu’elles ne relèvent pas du calcul. Ce ne sont pas des techniques, mais des textures d’existence. Elles tiennent à la présence, à la qualité d’être, au lien qu’on tisse avec soi, avec les autres, avec le monde.
Réel | Observer le présent
Les changements autour de nous pour décrypter un monde bouleversé et bouleversant
🔮 La classe moyenne américaine a disparu des parcs Disney (💲)
For most of the park’s history, Disney was priced to welcome people across the income spectrum, embracing the motto “Everyone is a V.I.P.” In doing so, it created a shared American culture by providing the same experience to every guest. The family that pulled up in a new Cadillac stood in the same lines, ate the same food and rode the same rides as the family that arrived in a used Chevy. Back then, America’s large and thriving middle class was the focus of most companies’ efforts and firmly in the driver’s seat.
That middle class has so eroded in size and in purchasing power — and the wealth of our top earners has so exploded — that America’s most important market today is its affluent. As more companies tailor their offerings to the top, the experiences we once shared are increasingly differentiated by how much we have.
(Trad. Pendant la majeure partie de l'histoire du parc, Disney a pratiqué des prix accessibles à tous les niveaux de revenus, selon la devise « Tout le monde est un VIP ». Ce faisant, il a créé une culture américaine commune en offrant la même expérience à tous ses visiteurs. La famille qui arrivait dans une Cadillac neuve faisait la queue comme les autres, mangeait la même chose et faisait les mêmes attractions que la famille qui arrivait dans une Chevrolet d'occasion. À l'époque, la classe moyenne américaine, nombreuse et prospère, était au centre des efforts de la plupart des entreprises et occupait une place prépondérante.
Cette classe moyenne s'est tellement réduite en taille et en pouvoir d'achat, et la richesse des plus hauts revenus a tellement explosé, que le marché le plus important des États-Unis aujourd'hui est celui des personnes aisées. Alors que de plus en plus d'entreprises adaptent leurs offres aux plus riches, les expériences que nous partagions autrefois sont de plus en plus différenciées en fonction de nos moyens.)
👁️ Participez à une soirée immersive et culturelle pour explorer les imaginaires de l'aviation et du voyage ! Le 19 septembre prochain (18.30 - 21.00), Matrice investit le Musée des Arts et Métiers à l’occasion du lancement de la bande dessinée Planète Ciel, publiée par Dunod.
NB : Dans cette newsletter, j’utilise souvent Midjourney pour les visuels, DeepL pour la traduction et ChatGPT pour l’édito
Si vous avez aimé cette édition, vous pouvez laisser un 💛 pour m’encourager et la partager autour de vous pour la faire connaître.
Si vous souhaitez en savoir plus sur mon métier, c’est par ici




Très pertinente l'idée du CV prospectif pour comprendre quelle est l'idée nommée par compétences humaines.