Futur(s) | Ce qui ne changera pas
Et si, demain, on cherchait aussi ce qui est stable pour envisager le futur ?
Futur(s) est une newsletter hebdomadaire qui raconte les Ă©mergences du prĂ©sent en fictions du futur. Jây partage ma veille et mes rĂ©flexions sur lâĂ©volution de nos modes de vie. Nous sommes dĂ©sormais 6 685 Ă imaginer les futurs ici.
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đ§âđPrise en charge OPCO possible
đ Les 5, 6 et 7 juin 2024 Ă Paris
Face Ă la complexitĂ© et lâincertitude de notre Ă©poque, il est parfois utile, plutĂŽt que de chercher Ă envisager le changement, de se demander ce qui ne changera pas. Quels sont les horizons de stabilitĂ© sur lesquels nous devons travailler (et progresser) dans les prochaines annĂ©es ?
Voici quelques pistes, je suis à votre écoute pour compléter la liste.
Bonne lecture,
Noémie
PS : La newsletter prendra quelques semaines de repos (et moi avec), on se retrouve en mars !
đ Les limites planĂ©taires
VoilĂ un bon rappel Ă lâordre qui permet de replacer les grandes tendances dans notre contexte physique contraint. On voit Ă quel point les futurs technologisĂ©s (IA ou Apple Vision Pro par exemple) nient souvent ce facteur dans leur vision, ou le conçoivent comme un problĂšme rĂ©soluble par la technologie.
De mĂȘme, le choc dĂ©mographique dans lequel nous entrons Ă toute allure amĂšne le regard sur une France peuplĂ©e de personnes de plus en plus ĂągĂ©es. En revanche, quid de vieillir dans un monde oĂč les limites planĂ©taires sont franchies ? Cet espace est encore peu peuplĂ© de reprĂ©sentations, au-delĂ de lâattention forte portĂ©e Ă la canicule. Toutefois, des angles de vue nouveaux Ă©mergent, dont cette Ă©tude qui dĂ©montre le lien entre Ăąge et augmentation du niveau de pollution. On peut faire la mĂȘme observation concernant les Ă©tudes sur le travail qui intĂšgrent encore plus la crise environnementale comme un objet social que comme un phĂ©nomĂšne physique.
Sans tomber dans le stress prĂ©-traumatique, nous devons collectivement faire lâeffort dâenvisager les consĂ©quences du franchissement des limites planĂ©taires pour notre sociĂ©tĂ©. Cela implique de dĂ©passer la simple (mais essentielle) unitĂ© de mesure du CO2 pour se prĂ©occuper Ă©galement de la biodiversitĂ©, de lâeau douce et des ocĂ©ans, dâazote et de phosphore,âŠ
đ§âđ La valeur de sĂ©curitĂ©
Dans un monde avec un niveau dâincertitude intense, la valeur de sĂ©curitĂ© a de beaux jours devant elle. Se sentir en sĂ©curitĂ©, avec un minimum de stabilitĂ© Ă©motionnelle, Ă©conomique, physique, sociale, est un besoin fondamental qui sâimmisce dans des dimensions de notre sociĂ©tĂ© de plus en plus nombreuses.
Dans le mĂȘme temps, les causes de la peur se sont multipliĂ©es : si, jusquâĂ prĂ©sent, on mesurait surtout la peur du chĂŽmage, du terrorisme, de la pauvretĂ© ou de la dĂ©linquance, nous dĂ©veloppons des sentiments de peur de plus en plus vifs vis-Ă -vis de la crise environnementale, du travail, des guerres, de la (fausse) rĂ©alitĂ©, de lâavenir.
Cette recherche de sĂ©curitĂ© va probablement continuer dâirriguer nos dĂ©cisions et nos choix de vie. Toutefois, elle sâĂ©tend Ă des domaines nouveaux : sĂ©curitĂ© alimentaire, numĂ©rique, relationnelle,⊠DĂ©velopper une culture de lâincertitude (vs une culture du risque) est un axe de dĂ©veloppement Ă creuser pour Ă©viter une sociĂ©tĂ© de la peur.
đ Garantir le âminimum dâexistenceâ
On peut penser que ce qui ne changera pas sera liĂ© Ă nos besoins basiques humains : manger, dormir, se sentir en sĂ©curitĂ©, ĂȘtre en bonne santĂ©,⊠Câest probable, mais nos grilles de lecture pour dĂ©crypter ces besoins sont peut-ĂȘtre, elles, obsolĂštes. La pyramide de Maslow prĂ©sente une hiĂ©rarchie de nos besoins contestable. Elle est Ă©galement la traduction dâune vision occidentale de lâHomme (voir WEIRD de J. Heinrich sur les diffĂ©rences pyschologiques entre cultures).
Sâattacher Ă garantir ce âminimum dâexistenceâ (Eric Crettaz) continuera probablement dâĂȘtre un des grands enjeux des prochaines annĂ©es. En revanche, y mettra-t-on toujours les mĂȘmes besoins ? Les arbitrages entre besoins seront-ils les mĂȘmes ?
đ Le dĂ©sir de rĂȘve et dâĂ©merveillement
Sâil y a bien une caractĂ©ristique humaine qui me semble avoir le potentiel de durer, câest probablement notre dĂ©sir dâĂ©vasion, de rĂȘve et dâĂ©merveillement, dâautant plus si lâon considĂšre les trois premiers items de cette liste. Culture, loisirs, tourisme, divertissement, voilĂ des territoires qui ont une carte Ă jouer dans les prochaines annĂ©es.
Mais le besoin de sĂ©curitĂ©, les limites planĂ©taires, les difficultĂ©s de pouvoir dâachat font Ă©merger un Ă©merveillement de plus en plus numĂ©risĂ©, au travers notamment dâune jeune gĂ©nĂ©ration qui reste Ă la maison. Nous repoussons les limites de lâimmersion numĂ©rique, en ayant dĂ©jĂ conscience de ses impacts psychologiques.
Il y a lĂ un point de tension dĂ©jĂ trĂšs prĂ©sent entre cette envie dâĂ©chapper au rĂ©el, et notre tentation de ne plus y revenir. Câest une ligne de crĂȘte avec laquelle tous les crĂ©ateurs dâexpĂ©riences devront composer avec responsabilitĂ©. Mais cela questionne Ă©galement : peut-on encore sâĂ©merveiller de la rĂ©alitĂ© ?
Réel | Observer le présent
Les changements autour de nous pour décrypter un monde bouleversé et bouleversant
đź Lââendineerâ qui designe la fin de vie des produits
Joe Macleod wants brands to focus on what happens to products at the end of their lifecycleânot just for the environment but for the entire consumer experience.
(Trad. Joe Macleod souhaite que les marques se concentrent sur ce qu'il advient des produits à la fin de leur cycle de vie, non seulement pour l'environnement, mais aussi pour l'ensemble de l'expérience du consommateur.)
đïž Anti-vol contre IA
Nightshade, a project from the University of Chicago, gives artists some recourse by âpoisoningâ image data, rendering it useless or disruptive to AI model training.
(Trad. Nightshade, un projet de l'université de Chicago, offre aux artistes un recours en "empoisonnant" les données d'images, les rendant inutiles ou perturbant l'entraßnement des modÚles d'IA.)
đïž Une crise du fromage ?
Each hunk of Camembert or smear of brie is an ecosystem, an assortment of fungi and bacteria that turn milk fats and proteins into hundreds of different compounds. Those compounds produce the flavors, smells, and textures we love. In recent decades, however, the genetic diversity of some of those microbes has caved. And today, some of the most famous French cheeses rely on just a single fragile strain of fungi that is at risk of dying out.
This is bad news for France, bad news for bread, and bad news for lovers of fine cheese the world over. And itâs a reminder that biodiversity matters, even when you canât see it. Lifeâs finer things, indeed, depend on it.
(Trad. Chaque morceau de camembert ou de brie est un écosystÚme, un assortiment de champignons et de bactéries qui transforment les graisses et les protéines du lait en des centaines de composés différents. Ces composés produisent les saveurs, les odeurs et les textures que nous aimons. Toutefois, au cours des derniÚres décennies, la diversité génétique de certains de ces microbes s'est effondrée. Aujourd'hui, certains des fromages français les plus célÚbres dépendent d'une seule souche fragile de champignons qui risque de disparaßtre.
C'est une mauvaise nouvelle pour la France, pour le pain et pour les amateurs de fromages fins du monde entier. Et cela nous rappelle que la biodiversitĂ© est importante, mĂȘme lorsqu'on ne la voit pas. Les plus belles choses de la vie en dĂ©pendent.)
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Si vous souhaitez en savoir plus sur mon mĂ©tier, câest par ici



Je ne peux pas liker deux fois, alors un petit gentimentaire : merci pour ce sujet avec un angle original. Bonnes vacances.